La Liberté d'expresion est-elle morte?

La liberté d’expression est aujourd’hui gravement menacée de toutes parts, au même titre que… la Liberté !

 

Liberté chérie, où es-tu ?

L’article 22 de la loi Sécurité globale en constitue un parfait exemple :

https://www.franceinter.fr/justice/proposition-de-loi-securite-globale-c... (1)

Bien entendu, Le Média du voyage durable s’associe à la Coordination « Stop Loi Sécurité Globale » regroupant de nombreuses associations et la Ligue des droits de l’homme (2).

Cependant, les atteintes à la liberté d’expression ne se limitent pas, loin s’en faut, à cette unique loi.

Voir Copyrights photo en bas de page.

 

Elles proviennent d’un système :

Le Monde diplomatique vient d’actualiser un dossier sur le thème : « Médias français : qui possède quoi ? » (3), et de remettre à jour l’affiche correspondante, initialement réalisée par l’association Action-Critique-Médias (Acrimed). (4)

Cette carte est accompagnée d’un article de Serge Halimi décrivant la situation actuelle, et montrant comment l’« information » est désormais cadenassée par quelques milliardaires défendant leurs propres intérêts… (5)

Dans cet article, intitulé « Quelques îlots résistent », Il conclue ainsi : « Cette situation, et les raisonnements qui l’accompagnent sont surtout injustes pour le lecteur, à qui on devrait faire crédit de n’être encore devenu ni un tube digestif publicitaire, ni un buvard destiné à boire la propagande des industriels.

Pourtant, c’est en effet « comme ça » que l’information dominante fonctionne de plus en plus, sur papier comme sur écran. Et, dans cette affaire aussi, les quelques îlots qui résistent à la montée des flots dépendent pour leur salut de la mobilisation de tous... ».

 

Conflits d’intérêts

Ce qui semble gouverner la presse aujourd’hui se nomme « conflits ou convergences d’intérêts ».

Et le plus surprenant, c’est qu’ils ne concernent pas uniquement des grands médias…

On les retrouve aux étages inférieurs !

Par exemple, lorsqu’un média numérique, ne s’intéresse qu’aux entreprises ou secteurs d’activité qui le financent, occultant ceux qui n’en ont pas les moyens, ou refusent d’entrer dans ce SYSTÈME.

Je vais certainement en décevoir certains en affirmant que cela existe même dans un domaine où l’éthique prônée pour la conception de voyages « responsables » ne semble pas devoir s’appliquer à ceux qui le médiatisent…

D’ailleurs, si tel n’était pas le cas, le Média du voyage durable n’existerait probablement pas…

Et lorsqu’un média du secteur se revendique « indépendant, gratuit » et prétend vivre sans publicités, alors qu’il affiche les catalogues d’une trentaine d’agences de voyages en première page de son site Internet, représentant autant de bailleurs de fonds que de freins à une certaine « information », avouez qu’il y a de quoi s’interroger !

 

Où est passée la liberté de s’informer de façon libre et désintéressée dans un domaine que l’on supposerait être soumis à une certaine déontologie ? …

Quand on sait, de plus, que le même média a constellé l’unique ouvrage qu’il a publié d’encarts publicitaires… et que pour y figurer, bien que faisant partie des acteurs et auteurs historiques, et avoir alimenté ses rubriques durant des années, il fallait passer au tiroir-caisse…, il y a tout lieu d’être consterné.

Voici le courrier qu’un voyagiste marocain, l’un des plus engagés, m’adressait… le 21 mars 2016, déjà !

« J'ai envoyé au responsable éditorial la newsletter "Tous pour un tourisme responsable" pour l'informer de la récente actualité au Maroc dans ce domaine.

Tu sais ce qu'il me répond ? Pour passer votre info..., il faut payer... C’est totalement sidérant !

En fait les articles sur son site sont des publi-reportages ; la bête s'engraisse sur l'image du tourisme responsable. Et favorise ceux qui payent pour obtenir cette image.

Décidemment ce monde est bien mercantile et désespérant ! ».

Oui, Marie ! Ce site qui revendique « informer » à propos du tourisme durable, n’a pas jugé utile de faire connaître mes deux derniers ouvrages sur ce thème, quand les professeurs d’universités enseignant ces matières les conseillent à leurs élèves…

Marie répondit ceci au responsable du site en question :

« Nous vous remercions de votre proposition de partenariat « pour mieux faire connaitre notre action de terrain », mais nous n'avons pas de budget pour cela.

Nous sommes un acteur de terrain engagé pour un tourisme durable et responsable, qui consacre 2% de ses bénéfices à des actions de terrain.

Et l'essentiel pour nous est d'être en adéquation avec les valeurs que nous défendons.

En revanche, il serait intéressant que des supports comme le vôtre encouragent des petites structures comme TERRES NOMADES ; car nous n'avons pas les moyens de certains gros TO qui pratiquent le greenwashing. Cela apporterait un équilibre…

Durablement vôtre, »

L’année suivante, le même média me proposait un « partenariat » à sens unique (donc l’inverse de ce que le mot « partenaire » implique…, avec cette proposition : « La participation pour les partenaires RÉSEAU est de 2 000 €HT ».

C’était le prix à payer pour figurer dans cet ouvrage « publicitaire » et présenter le résultat de nos dix années de bénévolat !...

Ce document (un livre est rédigé…) finit par être distribué gratuitement par certaines agences qui ne parvenaient pas à vendre les 2 000 exemplaires obtenus « grâce » à ce « partenariat » quelques mois plus tard…

 

La non-publication de commentaires

Voici une autre arme fréquemment utilisée par les médias du Web dans le domaine du tourisme dit « durable ».

Plusieurs d’entre eux bloquent systématiquement les commentaires postés en réponse à leurs articles, dès lors qu’ils contredisent le texte incriminé…

Vous connaissez dorénavant la raison principale ayant conduit à la création du Média du voyage durable

 

Qu’en est-il de l’édition de livres ?

Aujourd’hui, les projets soumis aux maisons d’édition reconnues ne sont plus jugés – pour la plupart – par rapport à leur qualité rédactionnelle, voire l’intérêt du sujet traité, mais en fonction du nombre de ventes espérées.

Ainsi, de nombreux auteurs ne parviennent pas à se faire publier, et en sont réduits à utiliser les services de plateformes d’auto édition telles que Bookélis, ce qui les confine dans de micro niches n’atteignant que rarement, voire jamais, les libraires.

Les écrivains, pourtant à l’origine de l’activité de vente de livres ne reçoivent de la part des maisons d’édition que des miettes sous forme de droits d’auteurs qui dépassent rarement les 1% du prix de l’ouvrage…

La distribution est phagocytée par des « monstres », notamment sur Internet.

Savez-vous qu’en France, un ebook ne peut être publié que par : Amazon, Kobo (la FNAC) ou Apple !

Difficile d’associer l’éthique lorsqu’on est écrivain et que l’on ne souhaite pas éditer son livre en version brochée, ce que beaucoup d’auteurs choisissent dorénavant par défaut…

Le système tend donc, à ne favoriser que les auteurs réputés, les maisons d’édition connues du grand public et les gros réseaux de distribution tels qu’Amazon, la FNAC et Decitre… Un phénomène que l’on peut transposer à de nombreux domaines…, et qui de fait, limite considérablement la liberté d’expression dans celui de l’édition…

 

Diffamation : l’arme des riches

Enfin, pour museler ceux qui sortent de la « pensée unique », du commercial, de la rentabilité, et tentent d’informer au sens premier du terme, se trouvent confrontés à une justice à deux vitesses.

Les riches, ceux qui ont les moyens de rémunérer des avocats, ou possèdent des services juridiques en leur sein, utilisent l’arme fatale : l’assignation en diffamation.

S’ils n’obtiennent pas toujours gain de cause, le simple fait d’imposer une procédure à qui ne dispose pas des moyens (ou se fait adepte du lâcher prise), permet de faire pression sur le retrait du texte posant problème, nuisant à leur image ou à leur business.

Copyright photo ci-dessous : You Tube

 

Les îlots qui résistent :

Alors dans ce monde pas bien joli de la presse actuelle, saluons le fait que Mediapart appartienne aujourd’hui au Fonds Pour une Presse Libre (FPL) : (6).

« Comme nous l’avions annoncé au seuil de l’été, notre journal est devenu, mardi 15 octobre 2019, la propriété du Fonds pour une presse libre (FPL) via une Société pour la protection de l’indépendance de Mediapart (SPIM). Toutes les actions ayant été rachetées, Mediapart appartient désormais à une structure non capitaliste, à but non lucratif ».

Cependant, contrairement à d'autres, ce média fait payer ses articles aux non abonnés...

Le lecteur avide de liberté aura donc encore le choix entre Le Monde diplomatique, indépendant du journal Le Monde, Le Canard enchaîné, Reporterre, Mediaterre, Agoravox, l’Âge de faire, quelques autres, et Le Média du voyage durable.

Pour visualiser la carte de France des médias libres, cliquez ici. (celle-ci a été établie avant la création du Média du voyage durable).

 

TOUS CES ÎLOTS QUI RÉSISTENT ONT BESOIN DE VOS DONS POUR POUVOIR CONTINUER À VIVRE ET VOUS INFORMER DE MANIÈRE TOTALEMENT INDÉPENDANTE.

 

PUISQU’ILS REFUSENT LES CONFLITS D’INTÉRÊT VOUS ÊTES LES SEULS, VOUS LECTEURS, À POUVOIR LEUR PERMETTRE DE CONTINUER À EXISTER !

 

C’EST POURQUOI LE MEDIA DU VOYAGE DURABLE VIENT DE MODIFIER SON APPEL AU DON ET DE L’INTITULER : « SOUTENEZ LA LIBERTÉ D’EXPRESSION DE NOTRE MEDIA ».

La liberté, tout comme la liberté d’expression, sont des BIENS UNIVERSELS, qui dorénavant, malheureusement, ne sont plus offerts par notre société, mais doivent être conquis de haute lutte…

Un immense merci à ceux qui nous soutiennent, ou nous soutiendrons !

 

« Une presse critique, indépendante et d’investigation……est la pierre angulaire de toute démocratie. Elle doit avoir une indépendance suffisante vis-à-vis des intérêts particuliers pour être audacieuse et curieuse, sans crainte ni faveur. » Nelson Mandela (texte affiché en première page du site de Reporterre).

 

Photo : L’Âge de faire – Reporterre : https://lagedefaire-lejournal.fr/carte-de-la-presse-pas-pareille/

Recherche et coordination : Lisa Giachino

Infographie papier et carte interactive web © Lydia Robin

Fond de carte de France © Fanny PAGEAUD

Icônes papier et web © Maya Naruse

 

Ci-dessous les liens correspondant aux renvois figurant entre parenthèses au sein de l’article.

1 https://www.franceinter.fr/justice/proposition-de-loi-securite-globale-ce-que-prevoit-l-article-22-sur-les-drones

2 La Coordination « Stop Loi Sécurité Globale », regroupe la Ligue des droits de l’homme, des syndicats, sociétés, collectifs, associations de journalistes et de réalisateur·ices, confédérations syndicales, associations, organisations de défense de droits humains, comités de familles de victimes de violences policières, de collectifs de quartiers populaires, d’exilé·es, de blessés et de Gilets jaunes, se joignent à nouveau à l'appel à manifester dans toute la France aujourd'hui, samedi 5 décembre.

3 https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/PPA

4. https://www.acrimed.org/

5 https://www.monde-diplomatique.fr/2015/11/HALIMI/54154

6 https://blogs.mediapart.fr/edwy-plenel/blog/151019/mediapart-n-plus-d-actionnaires

Auteur : 
Jean-Pierre LAMIC

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