Portrait : Julien Buot, acteur du tourisme responsable ? Vraiment ?

Monsieur Julien Buot doit être content !

Il a pu sortir de son « bocal », dans lequel il semblait s’ennuyer ferme : voir cet article datant du 17 mai, avec le récit de ses états d’âme dont personne n’a que faire.

Un conseil Monsieur Buot : Changez de bocal !

Julien Buot : une longue histoire qui débute il y a une quinzaine d’années sur les bancs de la Sorbonne Nouvelle où j’avais été appelé comme intervenant extérieur pour livrer mon expérience de terrain dans « l’antre du monstre » (référence à la terminologie employée par José Marti, poète Cubain ayant vécu aux Etats-Unis)…

Le monstre ? Les agences d’aventure qui dès 1997, commencèrent à supprimer les guides diplômés en montagne, chartériser les déserts, évincer des agences réceptives historiques après avoir trouvé moins cher sur Internet, et débuter leurs rachats, regroupements liés à l’industrialisation en cours de leurs activités. Les chefs de produits sortaient d’HEC, bref, c’était la fin des vraies aventures…

Avant, il y avait eu la Charte éthique du voyageur©, démarche initiée par Atalante, que je venais de rejoindre.

D’un côté des conseils aux voyageurs pour encourager des voyages éthiques, de l’autre, des politiques qui menaient à tout l’inverse…

Voilà, peu ou prou, ce que j’expliquais à ces étudiants de la Sorbonne Nouvelle présents ce jour-là…

C’était au tout début de la création d’Agir pour un Tourisme Responsable (ATR), fondée par des personnes morales : Ces mêmes voyagistes d’aventure, tous concurrents, par ailleurs…

Et qui se livraient donc à une guerre des prix, que nous dénonçâmes en son temps avec Pascal Lluch, en écrivant un article intitulé « Le juste prix ».

Je l’ai intégré à mon dernier ouvrage « Tourisme durable, de l’utopie à la réalité », car une douzaine d’années plus tard, la logique commerciale de ces voyagistes qui ont bien grossi est toujours la même.

Mais me direz-vous, et Julien Buot ?

Eh bien, sorti des bancs de l’Université, il devint directeur de l’ATES (Association pour le Tourisme Equitable et Solidaire), créée en 2006.

Tandis qu’en 2007, je créais l’Association des Voyageurs et Voyagistes Éco-responsables (V.V.E).

D’un côté des voyagistes (ATR), au centre, un organisme en lien avec le Ministère de la Coopération décentralisée (Plutôt bien pour les financements), et de l’autre V.V.E, constituée d’une poignée de bénévoles, dont des voyageurs. Trois entités bien différentes…

Fin 2009, avec 50 euros sur son compte en banque, et avec seulement 4 voyagistes adhérents, V.V.E lançait l’idée d’un Forum National du Tourisme Responsable, et en déposait le nom à l’INPI.

Le premier mail envoyé dans ce cadre était destiné à… Julien Buot.

Alors que j’invitais l’ATES à participer au comité scientifique, il me répondit ceci : « Avez-vous des nouvelles d'ATR et de l'intérêt que porte leur réseau à la manifestation que vous proposez à Chambéry en juin ? », avant de nous transmettre les coordonnées de la directrice d’ATR… Merci Julien.

Puis il trouva des excuses, avant de valider ce texte émanant du Syndicat National des Agents de Voyage : « Il n'est pas question de faire souffrir une industrie par des contraintes dues au Développement Durable.

Le Tourisme responsable ne doit pas devenir confidentiel, mais représenter au contraire une nouvelle forme de tourisme, de masse ou de niche.

À nous de décortiquer nos empreintes négatives, à toutes les étapes de la chaîne. Cela passe pour chaque entreprise, par un bilan carbone, une réflexion sociétale de notre impact sur les pays visités… »

C’est toujours la philosophie d’ATR aujourd’hui, avec comme directeur : Julien Buot…

Ensuite, il y eut l’épisode de la création du « label » de l’ATES. Nous nous étions dits que c’était peut-être mieux de collaborer sur ce sujet d’autant que V.V.E avait travaillé avec Monsieur Alain Laurent sur la création d’un référentiel, approuvé par Ecocert, et qui reprenait le meilleur des critères de tous les labels existants…

Je « montais » donc à Paris pour en discuter…

J’attends toujours les résultats de cette rencontre…

Tout juste dix ans plus tard (le 1er FNTR eut lieu du 11 au 13 juin 2010), le même Monsieur Buot déclare : « Alors, oui, c’est citoyen de ne pas voyager en cette époque épique… mais souhaitons qu’il redevienne très vite citoyen de voyager ! Y compris en avion avec des compagnies aériennes comme Air France qui n’avait pas attendu l’épidémie de coronavirus et les exigences de contreparties écologiques et sociales à son plan de sauvetage économique pour s’engager pour un tourisme responsable. Ne faisons pas du transport aérien le bouc émissaire et la vache à lait de la transition énergétique. Nous aurons encore besoin des avions pour voyager demain ».

Effectivement, pour sortir de son « bocal », l’avion va plus vite et plus loin qu’avec la marche ou le vélo !

Ce dernier lien mène vers un pur chef d’œuvre en matière de greenwashing (verdissement).

Toujours dans le même article, et répondant à une interrogation d’un agent d’un office de tourisme :

« Vous voulez organiser un événement sur le thème du tourisme durable dans une agence de voyages ? Et y inviter à témoigner un grand opérateur de croisières ? Ce n’est pas très cohérent ! »

À ce propos, Monsieur Buot déclare : « Cette « sentence » maladroite et caricaturale résonnait comme un étrange avertissement. Comme si un office de tourisme n’était pas autant concerné qu’une agence de voyages par l’empreinte carbone liée aux transports de ses visiteurs étrangers. Comme si les usagers des bateaux de croisières n’étaient pas des centaines de milliers à faire escale chaque année dans sa ville et à irriguer l’économie de leurs dépenses ».

Monsieur Buot n’a donc jamais visité Santorin, Dubrovnik, Venise, Barcelone, Taormina, et beaucoup d’autres villes, en même temps que les hardes de touristes déversées de ces hôtels flottants, toujours plus gros, toujours plus nombreux…

Et ne s’est pas intéressé aux misérables retombées économiques que génère ce tourisme exogène, consommant des produits provenant du monde entier, se ruant sur les souvenirs « made in China » sur la Rambla ou dans les rues exigües de Santorin ou Taormina…

Dans ce même article, Monsieur Buot vante ses mérites d’avoir fait passer le nombre d’adhérents d’ATR de 10 en 2014 à 50 en 2020.

Ce chiffre révèle surtout l’inexistence de conditions pour adhérer à cette entité qui désormais accueille en son sein : Galeries Lafayettes !, Kappa Clubs, Ponant (Croisières de luxe !), Salaün Holidays, TUI (N°1 mondial du voyage…), petit catalogue d’acteurs connus et reconnus du tourisme responsable (sans rire), complété jusqu’en 2019 par Thomas Cook France

Tour-opérateurs qui ont rejoint les agences "d'aventure" mentionnées au début de ce texte...

Sans aucun critère d’adhésion, eu égard aux nombreuses demandes reçues depuis 13 ans, V.V.E devrait comprendre aujourd’hui une centaine de membres, parmi lesquels, certains qui figurent au catalogue ATR…, ou chez leurs amis de Voyageons Autrement, Babel voyages, Acteurs du Tourisme Durable, et autres structures ayant fait du voyage responsable un commerce comme un autre.

Mais avec des critères d'adhésion exigeants, V.V.E ne compte qu'une vingtaine de membres, pour 80% de recalés ou de postulants ayant compris d'eux mêmes, que leurs offres ne pouvaient prétendre à rejoindre les voyagistes sélectionnés pour leur engagement...

Il y a tout juste six ans, Julien Buot appelait à voter Europe Écologie Les Verts dans le cadre des élections municipales.

Cette année, il n’a évoqué ni les élections, ni les résultats…

Mieux valait ne pas entacher sa crédibilité…,  fâcher les membres adhérents d'ATR..., ou nuire à la belle carrière qu'il s'est construite sans rien connaître des problématiques de terrain inhérentes à l'activité qu'il prétend représenter.

Ainsi, le 17 mai dernier, tandis que nous essayions de mobiliser le public et les acteurs pour changer radicalement les paradigmes instaurés dans le domaine du tourisme, Monsieur Buot avait pour principales préoccupations de vanter les mérites d'Air France, des croisiéristes, ou des voyages lointains proposant des rencontres dans des programmes étriqués qui ne les permettent pas..., tout en insinuant que le tourisme responsable n’obligeait pas à la proximité.

Acteur du tourisme responsable?

À la lecture de cet article publié par l'Echo touristique tandis que nous sortions tout juste du confinement, il semble bien que le masque soit tombé !

Alors, à ceux qui voyagent en avion, plus particulièrement sur Air France, et qui le rencontreront, dites-lui bien que pendant ce temps, les véritables acteurs du tourisme durable se trouvent sur le terrain, quelque part dans les Alpes, les Pyrénées, les Cévennes, en Corse, ou ailleurs sur leur territoire, essayant de redonner vie à leur conception d’un voyage simple, original, instructif, revitalisant, familial, sportif, ou en immersion, apportant une réelle redistribution des revenus auprès des populations locales, loin, très loin des surfréquentations générées par certains des membres adhérents de la structure qui le fait vivre…

 

De là haut, il ne pourra les apercevoir…

Auteur : 
Jean-Pierre LAMIC

Commentaires

Des 53 commentaires reçus sur mon compte personnel Facebook, nous pouvons en déduire : Que les membres ou sympathisants d'ATR préfèrent les calomnies, assertions fallacieuses, et finalement les menaces plutôt que de répondre à notre questionnement au moyen d'arguments. On me demande même d'argumenter, à moi, qui ai écrit 5 ouvrages sur le sujet ! On me dit qu'avoir écrit ces livres n'est pas une caution ! Ah bon ! Sur la base de ces écrits, j'ai été en contact avec tous les universitaires proches de ces sujets, et trois d'entre eux sont co-signataires de la pétition lancée en mai ! Nous avons invité 65 personnalités lors du 1er Forum National du Tourisme Responsable toujours sur la base de ces mêmes écrits. Des agences prestigieuses comme Hommes et Montagnes ou Terres Oubliées ont adhéré à V.V.E créée sur les principes de ces écrits... Ce sont là vos seuls arguments ? Pourtant ce ne doit pas être compliqué de nous expliquer comment les croisiéristes dont " les centaines de milliers d'usagers à faire escale chaque année dans des villes irriguent l’économie de leurs dépenses" agissent de manière "responsable". Ni de nous expliquer pourquoi le 1er opérateur de voyages au monde peut être considéré comme un voyagiste "agissant pour le tourisme responsable ! Et pourquoi un voyagiste ayant planté 2000 arbres en Bretagne a pu être "lauréat" des "Palmes du tourisme durable". Nous demandons des arguments ! Pas ces insultes dédaigneuses reçues suite à un questionnement. Peut-on considérer quelqu'un qui prône un rapide retour à l'avion, et vante les mérites des croisiéristes, comme un acteur du tourisme responsable? Une simple question ! A laquelle, nous vous avons conviés à répondre ! Mais certainement pas de cette manière.

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