Quand les contradictions d'ATR apparaissent dans un article publié dans l'Echo touristique

Dans un article publié par l’Echo Touristique suite à la 10e édition séminaire d’Agir pour un tourisme responsable (ATR), Jean-Pierre Nadir (fondateur d’Easyvoyage) déclare : « TUI, leader européen (du voyage), avait un modèle industriel qui faisait 1Md€ d’Ebitda, avec une grande puissance de frappe.

En quelques mois de Covid, le groupe se retrouve à genoux, et fait la manche ».

L’Allemagne a récemment accordé trois milliards d’euros d’aides publiques au voyagiste, faisant fi d’un tourisme d’après construit sur d’autres modèles économiques que celui développé par ce géant du voyage depuis ses origines.

Pour mémoire, rappelons que TUI a absorbé Nouvelles Frontières

Jean-Pierre Nadir poursuit : « Or cet ancien « fleuron de l’industrie » s’est construit sur « la logique de rapports nord-sud ». » … « Dans cette chaîne de valeur, il n’y a aucune valeur, tout le monde à genoux : les compagnies aériennes, les hôteliers, les populations » qui ne peuvent pas (pleinement) bénéficier des retombées ».

« Tous vos débats me semblent extrêmement marginaux par rapport à ce qui se passe : un monde qui se réinvente en dehors des valeurs que vous évoquez », s’adressant aux membres d’ATR !

Cette association n’en est plus à une contradiction prête puisque parmi ses membres figure toujours TUI ! https://www.tourisme-responsable.org/agir-tourisme-responsable/membres/

Ubuesque non !

En somme Jean-Pierre Nadir vient de confirmer ce que nous ne cessons d’affirmer ! Puisque ce dernier déclare que les pratiques de ce voyagiste ne peuvent en aucun cas être considérées comme vertueuses…

Nous affirmons en effet que des voyagistes tels que Thomas Cook, TUI, et bien d’autres figurant en tant que membres (parfois labellisés !) d’une Association censée mettre en avant les Acteurs du Tourisme Responsable n’ont rien à faire dans le giron du Tourisme responsable au sein duquel ils se sont invités juste en payant une adhésion…, et sans qu’aucun engagement crédible ne leur soit demandé en contrepartie.

L’inverse : la présence de tels voyagistes au sein d’une association telle qu’ATR, génère une décrédibilisation de ceux qui s’engagent véritablement dans une démarche autre que celles s’apparentant à du greenwashing !

Enfin, les préoccupations d’ATR sur le « juste prix » font elles aussi sourire quand on sait que nous avions écrit avec Pascal LLuch (il y a plus de dix ans) un article sur le sujet mettant en évidence la baisse des prix dans le voyage aventure due à l’abandon des guides diplômés et la chartérisation de nombreuses destinations par des voyagistes dont bon nombre figurent au sein d’ATR depuis ses origines (2004).

Cet article a été remis à jour pour être inséré à mon dernier ouvrage

Effectivement un « juste prix » est nécessaire si l’on veut que tous les acteurs du tourisme bénéficient des retombées économiques induites par cette activité.

Il serait temps de s’en rendre compte et de produire des voyages intégrant cette donnée…

Auteur : 
Jean-Pierre LAMIC

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