Année noire pour les structures artisanales de tourisme durable et la biodiversité

La plupart des organismes s’affichant derrière le vocable « tourisme durable » sont des voyagistes de taille importante ancrés dans la macroéconomie, ce qui confère peu de sérieux à leur démarche dite « responsable », notamment s’ils n’ont pris aucune mesure pour limiter leurs émissions de CO2.

Ceux-ci ont surfé durant des années sur un marché en pleine croissance et disposent donc probablement de réserves financières, selon le mode de gestion propre à chacun.

 

Cependant, le véritable tourisme dit « durable » est porté principalement par des structures s’inscrivant dans un système microéconomique : entreprises unipersonnelles, notamment avec les accompagnateurs en montagne, ou les détenteurs de Brevets ou Diplômes d’État (équitation, eaux vives, spéléologie, etc.), structures artisanales : associations, bureau des guides, agences de voyages réunissant un gérant et quelques employés …

Or, en dépit de la litanie clamée depuis des mois selon laquelle l’avenir serait dans un tourisme durable ou plus responsable, force est de constater que ceux qui, sans attendre l’avenir, s’étaient déjà engagés – parfois depuis longtemps ! ‑ dans cette voie, sont les plus impactés par la crise que nous traversons actuellement.

Si une part d’entre eux a survécu au premier confinement, notamment grâce à une saison estivale en France qui leur a permis de travailler, il en va tout autrement aujourd’hui.

 

Alors, à ces gens déconnectés du front qui nous parlent de plans de relance et de tourisme durable, voici la RÉALITÉ de terrain de ce secteur après 9 mois de crise due à la Covid 19 :

Mahay Expédition, élue lauréate des Trophées du voyage durable – catégorie tourisme solidaire ‑ en 2019 nous adresse le message suivant :

Heureux d'être vivant et en bonne santé en cette fin d'année !

Ce sont les termes utilisés dans la tradition malgache pour se féliciter d'avoir terminé l'année !

Voici le Bilan de l’année 2020 pour le voyagiste solidaire Mahay Expédition :

« 8 voyageurs en 12 mois - Maintien des salariés - Maintien des salaires - Une équipe plus que jamais soudée, motivée et prête à vous recevoir en 2021 »…

Bravo, il faut une belle volonté, de l’enthousiasme, une sacrée dose d’optimisme, et des élans de solidarité non feints pour s’exprimer ainsi !

https://www.mahayexpedition.com/qui-sommes-nous/

 

Et voilà, le message reçu de Cybelle Planète, lauréate des mêmes Trophées l’an dernier dans la catégorie écovolontariat.

« La pandémie, avec la suspension des inscriptions, nous impacte lourdement.

Nous dépendons en effet fortement des dons des écovolontaires participant à nos missions.

Et pour les projets que nous soutenons, nous avons besoin de moyens pour mener nos actions en faveur de la préservation de la faune sauvage.

Cybelle Planète reçoit des dons* et en redistribue une partie à ses projets partenaires qui accueillent les écovolontaires.

Ces projets sont eux-aussi touchés de plein fouet par la pandémie et ont besoin de votre aide. En nous adressant un don, vous pouvez choisir qu’une partie de ce dernier soit reversé au programme de votre choix.

Chacun ouvre droit à une déduction fiscale (pour les entreprises ou les personnes assujetties à l'impôt sur les sociétés ou sur le revenu en France).

En raison des risques sanitaires liés à la Covid-19, la totalité de nos missions est encore aujourd’hui suspendue.

Nous avons heureusement pu profiter de deux bouffées d’air cette année :

53 écovolontaires ont pu participer aux Expéditions Cétacés en France dans les règles de sécurité sanitaire les meilleures possibles.

Les équipages, constitués d’un écoguide et de 7 écovolontaires, ont recensé de nombreuses espèces : cétacés, tortues marines, raies, requins, poissons pélagiques, oiseaux marins…

3 écovolontaires ont participé à la mission de protection des loups ibériques ».

Formulaire de don :

https://www.helloasso.com/associations/cybelle-planete/formulaires/4/widget

 

Voilà, c’est tout pour 2020, soit une année catastrophique pour la protection de la biodiversité et de la faune sauvage…

Du côté de Vanoise écotourisme, c’est très simple : aucun départ en 2020 !

L’année aura été bouclée uniquement avec des sorties à la journée ou demi-journée, avec un chiffre d’affaire en baisse de 35%, l’année où l’agence avait prévu de remplacer son matériel informatique obsolète et d’effectuer de nombreux repérages pour assurer l’avenir…

Pas à Pas a dû annuler les quatre voyages prévus en 2020, et les a reportés sur 2021…

Emotion Planet, petite agence de voyages belge, se trouve également à l’arrêt complet…

Nous n’avons pas de nouvelles de l’ensemble de nos partenaires à l’étranger, mais nul doute que chacun se recroqueville dans son coin en attendant des jours meilleurs…

Alors les appels à un tourisme plus durable pour l’avenir…

Ils sont comme souvent en ce domaine totalement déconnectés du terrain.

Et pour un avenir meilleur, nous n’avons pas attendu la fin de la crise !

 

Nous avons lancé dès le 11 mai dernier cette pétition !

Alors, il est grand temps de la signer pour que les acteurs les plus engagées puissent retrouver quelque espoir de ne pas voir affluer dans le secteur qui est le leur une foule d’opportunistes animés uniquement par la recherche de profits…

Quant à la biodiversité, elle ne s’est malheureusement jamais aussi mal portée, entre les incendies géants en Australie, et le massacre de l’Amazonie orchestré par Bolsonaro, et d’autres, oui, 2020 aura été une année bien noire !

Au Média du voyage durable, nous tenions à adresser un message de soutien et de réconfort à toutes ces petites structures de tourisme alternatif impactées par cette crise, oubliées de tous, y compris de ceux qui communiquent régulièrement sur le thème du tourisme durable.

Le jour viendra peut-être de reconnaître que ce que vous proposiez avant la crise, et que d’aucuns voyaient comme une certaine forme de tourisme « à l’ancienne », était, est, et sera la solution d’avenir pour un tourisme plus éco-responsable !

≠SejoursNature ; ≠SejoursFamilles ; ≠TourismeDurable ≠TourismeResponsable ; ≠Biodiversite

Auteur : 
Jean-Pierre LAMIC

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