Qu’est-ce que la Compensation territoriale© ?

La Compensation territoriale©, est une notion qui fut déposée à l'INPI en 2010 par Messieurs Alain Laurent (TER_RES), Pascal LLuch (aujourd'hui décédé), et Jean-Pierre Lamic, Président fondateur de l’Association des Voyageurs et Voyagistes Éco-responsables, et auteur de plusieurs ouvrages consacrés au tourisme durable.

Vous n'êtes pas convaincus par la Compensation carbone ?

Nous non plus ! C’est pourquoi nous avons instauré cette notion, beaucoup plus en rapport avec les territoires, leurs réels besoins, parmi lesquels, en priorité, ceux des populations locales.

Il s’agit d’une forme de solidarité, liée aux activités touristiques, mais ce qui différencie la Compensation territoriale© du tourisme solidaire, c’est avant tout qu’elle est encadrée et organisée par des experts reconnus et indépendants - ­ et par voie de conséquence évite la juxtaposition d’actions pouvant être non coordonnées ­ , qu’elle peut gérer des budgets sans commune mesure avec celui-ci, être décidée, voire imposée, pour réparer des dégâts, agir pour mettre en place un maillon de la chaîne manquant, permettre de soutenir des initiatives locales, etc.

Voici des exemples concrets :

1er exemple :

En Tarentaise, vallée accueillant depuis des années près de 8 millions de touristes par an, avec plus de 30 millions de nuitées, il n’existe plus de production de fruits et légumes…

Les anciens vergers sont en friche. Les canaux d’irrigation se trouvent à l’état d’abandon, ou ont été détournés pour alimenter les enneigeurs artificiels.

Pour se chauffer au bois, l’habitant paye le stère plus de 80 euros non livré, du bois qui provient principalement du Jura…

Grâce à la Compensation territoriale©, et aux fonds collectés auprès des gros opérateurs, ­ souvent étrangers, ­ nous pourrions acheter ou louer ces terres en friche, produire du bois local, rénover le patrimoine composé des sentiers et des biefs, puis aider de jeunes producteurs à s’installer pour cultiver localement ce dont la population, comme les visiteurs ont besoin…

Tout cela créerait combien d’emplois pérennes ? Économiserait combien de tonnes de CO2 sur l’acheminement des fruits et légumes consommés en été, dont une part importante provient du Sud de l’Espagne, d’Équateur, du Chili, ou d’ailleurs ?

Et surtout, cela ne permettrait-il pas de préparer l'après "tout ski" sur lequel la vallée a misé, sans aucune alternative potentielle, depuis une cinquantaine d'années ? Pourtant ce nouvel âge lui sera imposé à un moment ou un autre par les effets du réchauffement climatique !

Par conséquent, ces actions  offriraient la possibilité d'une diversification économique largement souhaitable...

2ème exemple :

Un voyagiste, un guide, ou un office de tourisme, souhaite créer une randonnée itinérante (à l’image des sentiers de Stevenson) pour redynamiser un territoire en déshérence.

Oui, mais voilà, il manque des hébergements adaptés - ­ pas nécessairement en dur, pouvant être écoconstruits, ­ ou bien un prestataire de location d’ânes, ou des producteurs locaux…

La Compensation territoriale© aide à résoudre le ou les problèmes, et soutenir cette initiative.

3ème exemple :

Une communauté locale voudrait développer une activité touristique complémentaire à son mode de vie agricole ou basé sur l’élevage, devenu aléatoire en raison du réchauffement climatique.

Elle ne dispose pas des ressources suffisantes pour investir dans les infrastructures nécessaires, ni du savoir-faire. Si la demande est justifiée et ne crée pas de disparités et préférences avec d’autres communautés de la Région concernée, la Compensation territoriale© peut aider aux aménagements nécessaires.

4ème exemple :

Un gros Tour-opérateur génère d’importants désagréments ou de notoires dégradations sur un territoire situé loin de là où il reçoit les bénéfices de son activité.

Les experts de la Compensation territoriale© interviendront afin de trouver la solution au(x) problème (s) généré (s) par ce tourisme exogène.

Par conséquent, la Compensation territoriale© constitue un levier important dans le tourisme responsable, durable ou soutenable, puisqu’elle permet d'aider les acteurs et habitants des territoires, ou les institutionnels, à mettre en place une activité microéconomique basée sur le tourisme, et / ou à la réparation éventuelle de dégâts occasionnés par l’exploitation touristique.

Elle permet aux acteurs des territoires concernés (du Sud, comme du Nord) de vivre dignement d’une activité touristique, organisée, contrôlée, et soutenable, générant de nombreux emplois connexes sur le territoire concerné.

En France, elle permet de reprendre la main, sur un aménagement du territoire irrationnel, souvent sous traité au privé, notamment via les délégations de "service public"...

En outre, la Compensation territoriale© constitue le meilleur outil de lutte contre le greenwashing !

Pourquoi ?

Si l'on reprend l'exemple de la Tarentaise :

Pour l'heure, le Club Med y possède  9 centres ou Resorts selon la terminologie utilisée aujourd'hui... :

Tignes, Val d'Isère, Les Arcs Panorama, Les Arcs Extrême, Val Thorens, Peisey-Vallandry, La Rosière, La Plagne 2100, Aime la Plagne.

Eh bien imaginons combien de fruits et légumes doit importer le Club Med chaque année pour nourrir en hiver et souvent en été, les milliers de Gentils Membres qu'il accueille chaque semaine ?

Plutôt que de se faire labelliser au moyen d'un label auquel plus personne ne croit, ne pensez-vous pas qu'il aurait tout intérêt à participer à la Compensation territoriale©, et de pouvoir profiter à terme, directement,  de sa contribution à la mise en place d'une production locale, de saison, et de qualité ? 

Au lieu de manger des ananas provenant d'on ne sait où, ou des bananes aspergées de pesticides par avion, le GM pourrait savourer les framboises, myrtilles, cassis, groseilles, pommes, poires, cerises, produites localement sur des terres très propices à ces plantations !

D'ailleurs, ceci pourrait bien constituer une réelle demande, et même une exigence, dans un avenir proche, voire dans la reprise d'après Covid19 !

Ne pensez-vous pas, par ailleurs,  que le Club Med pourrait ainsi générer plus d'enthousiasme pour la construction de ses nouveaux centres ?,  et être plus à l'écoute des nombreuses critiques qui se sont fait jour à propos de son implantation à La Rosière, Tignes, ou Valloire?

Ainsi, le Club Med pourrait, de manière crédible, s'enorgueillir et communiquer à propos de cette participation à la microéconomie locale !

Donc, du gagnant-gagnant pour tout le monde, mais aussi, du bon sens, que l'on semble avoir perdu...

Alors, on se lance ?

Mais attention ! La Compensation territoriale© n'est pas une notion récupérable à des fins de greenwashing, comme ce fut déjà le cas en 2012, avec celui que nous avions sollicité pour tester sa possible mise en œuvre  ! Nous y veillerons !

Alors, merci de signer la pétition qui demande de vrais changements en matière de tourisme durable, soutenable, et responsable !

La compensation territoriale© constitue de loin le meilleur outil pour y parvenir.

En outre, elle ne coûtera pas un centime au contribuable, au contraire des plans de relance déjà annoncés, qui, de plus, ne changent en rien les paradigmes sur lesquels se basait l'ère d'avant...

 

Auteur : 
Jean-Pierre LAMIC

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