Pourquoi Trump étrangle-t-il le peuple Cubain ?

Les médias n’évoquent Cuba que pour annoncer les coupures d’électricité dans le pays sans mentionner le fait qu’elles sont l’une des conséquences de l’embargo inique subi par l’île depuis le 7 février 1962, ou du retrait d’entreprises étrangères, principalement espagnoles, dicté ou imposé par Trump, en échange de quoi ?

Quelles sont les motivations de ce despote, qualifié de psychopathe par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik ?

1 – Obtenir une revanche à l’humiliation subie lors de l’invasion de la Baie des cochons

Pour mémoire :

Le débarquement de la baie des Cochons est une tentative d'invasion militaire de Cuba par des exilés cubains soutenus par les États-Unis en avril 1961.

Planifiée sous l'administration de Dwight D. Eisenhower et organisée par la Central Intelligence Agency (CIA), l'opération est lancée au début du mandat de John F. Kennedy.

Elle vise à faire débarquer à Cuba, le 17 avril 1961, environ mille quatre cents exilés cubains recrutés et entraînés aux États-Unis par la CIA.

L'objectif était de renverser le nouveau gouvernement cubain établi par Fidel Castro, qui menait une politique économique défavorable aux intérêts américains et se rapprochait de l'URSS.

L'opération est un échec complet et signe les prémices d'une grave et profonde dissension entre la présidence et les services secrets américains (Source Wikipedia).

Cette revanche lui apporterait le soutien de nombreux cubains exilés suite à la Révolution de 1959 ou leurs descendants, parmi plus d’un million vivant aux États-Unis, principalement en Floride, mais également auprès de ses soutiens issus de l’extrême droite.

2 – Faire disparaître les nombreuses réussites obtenues par les dirigeants cubains depuis 1959

Quelles sont ces réussites inconnues du grand public, hormis l’instauration de l’un des meilleurs systèmes de santé au monde, et celui de l’éducation ?

Les voici ci-dessous.

1 -Le système de santé

Il est basé sur la proximité, le suivi des populations et la prévention.
Chaque villageois a son médecin vivant sur place.

Cuba est ainsi le pays qui produit le plus grand pourcentage de médecins par habitant au monde, avec un médecin pour 148 habitants en 2012 selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

En outre, il a permis de soigner de nombreux Sudaméricains, et d’en sauver, notamment lors de catastrophes, là où des sauveteurs ou médecins cubains ont été envoyés régulièrement suite à diverses catastrophes, mais aussi dans les pays où ils officient en tant que médecins.

Ce, en dépit du blocus qui prive l’île depuis plus de 60 ans de nombreux médicaments.

Pour répondre à cette véritable problématique, l’État a créé sa propre pharmacopée à partir des connaissances conservée par les communautés indigènes du Nord-Est.

Ou trouvé des palliatifs.

Par exemple les femmes, n’ayant pas accès à la pillule contraceptive, utilisent le stérilet.

L’avortement est libre et gratuit. Il est demandé en contrepartie qu’un membre de la famille ou un proche fasse un don de son sang. Je l’ai fait moi-même pour une femme membre de la famille qui m’accueillait en tant qu’invité (Statut différent de celui de touriste).

Par ailleurs, dès 1994, l’État à mis en place un tourisme de santé attractif pour de nombreux sudaméricains, voire américains du Nord ou asiatiques, avec des tarifs accessibles, et basé sur de réelles compétences.

Cuba a également accueilli et soigné de nombreux irradiés de Tchernobyl, des personnes atteintes du VIH, et redonné la vue à de nombreux sudaméricains grâce à l’opération Milagro .(Dont l’assassin de Che Guevara - Mario Terán, ancien sous-officier bolivien à la retraite, qui avait assassiné Ernesto Che Guevara le 9 octobre 1967 dans la petite école de La Higuera en Bolivie.).

L’Opération Miracle, lancée par Cuba et le Venezuela en 2004, a permis à plus de deux millions de pauvres d’Amérique latine et du reste du monde de retrouver la vue.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il y a actuellement près de 285 millions de personnes atteintes de déficience visuelle à travers le monde, dont 39 millions d’aveugles et 246 millions qui présentent une baisse de l’acuité visuelle.

Face à ce constat, dans le cadre de l’ALBA, Cuba et le Venezuela ont décidé de lancer en juillet 2004 une vaste campagne humanitaire continentale portant le nom d’Opération Milagro (Miracle).

Elle consiste à opérer gratuitement les Latino-américains pauvres atteints de cataractes et autres maladies oculaires, qui se trouvent dans l’impossibilité de financer une opération qui coûte entre 5 000 et 10 000 dollars selon les pays.

Cette mission humanitaire a été depuis étendue à d’autres latitudes (Afrique, Asie).

L’Opération Miracle inclut la participation de 165 institutions cubaines.

Elle dispose de 49 centres ophtalmologiques dans 15 pays d’Amérique latine et de la Caraïbe (Venezuela, Bolivie, Equateur, Haïti, Honduras, Panamá, Guatemala, Saint-Vincent- les-Grenadines, Guyana, Paraguay, Grenade, Nicaragua et Uruguay).

Au 1er janvier 2008, un million de personnes avaient été opérées.

En 2011, plus de deux millions de personnes en provenance de 35 pays ont pu retrouver la vue.

Dans le cadre des accords de l’ALBA, la population vénézuélienne a été la première à en bénéficier avec plus de 178 000 opérations réalisées.

La Bolivie a également largement bénéficié de la coopération médicale cubaine, avec 600 105 personnes opérées.

Le président bolivien Evo Morales a salué la présence des médecins cubains ainsi que le rôle intégrateur et solidaire de l’ALBA.

Par ailleurs, les Cubains sont les seuls à opérer la retinosis pigmentaria, et ont soigné Alain Delon de son problème de vue.

La retinosis pigmentaria (ou retinitis pigmentosa) est une maladie héréditaire dégénérative de la rétine, entraînant une perte progressive de la vision due à la mort des cellules photoréceptrices (cônes et bâtonnets), avec une prévalence d'environ 1 cas pour 3 700 personnes.

L’espérance de vie atteint 80,68 ans pour les femmes, 75,86 ans pour les hommes, soit une moyenne de 78,26 pour l’ensemble de la population (Chiffres 2024), quand aux États-Unis elle était de 77,3 ans en 2020, ce, en dépit de l’embargo privant les cubains de nombreux médicaments.

 

2 - L’Éducation

Concernant le système éducatif, le taux d’alphabétisation a considérablement augmenté après la Révolution, notamment grâce à des volontaires qui ont alphabétisé de nombreuses personnes, principalement dans les campagnes.

Cuba affiche aujourd’hui un taux d'alphabétisation des adultes (15 ans et plus) de 99,67 % en 2021, avec des valeurs similaires pour les femmes (99,72 %) et les hommes (99,63 %).

Les États et territoires d'Amérique possédant les taux d'alphabétisation les plus élevés sont, dans l’ordre, la Barbade, Cuba, le Canada, les États-Unis et l'Argentine.

Quant à l’université de la Havane, elle a développé une centaine de propositions de tourisme scientifique, et accueilli de nombreux étudiants africains, ce qui a permis son autofinancement depuis 1994.

Elle est accessible à tout cubain, même vivant à l’autre bout du pays.

Tous les petits cubains ont été scolarisés jusqu’à aujourd’hui, jusque dans les contrées les plus reculées.

L’ascension sociale est largement répandue et favorisée, y compris au sein de la communauté noire.

Les femmes et les personnes de couleur ont accès aux mêmes emplois dans l’enseignement, comme dans tous les domaines, que les hommes blancs de peau.

 

3 – La réforme agraire et la redistribution des terres

La première loi promulguée après la victoire de la Révolution cubaine fut la réforme agraire, promise par Fidel Castro depuis son jugement ayant eu lieu suite à l’assaut de la caserne Moncada (26 juillet 1953 - Santiago de Cuba).

Elle date du 17 mai 1959.

Elle permettait de ne détenir que 402 hectares de terres et instaurait la création de l’Instituto Nacional de Reforma Agraria (INRA), chargé de la faire appliquer.

C’était la fin des grands propriétaires et des latifundias (Une grande exploitation agricole à faible rendement, souvent associée à des inégalités sociales et à l'emploi de journaliers ou métayers).

Puis de 2008 à 2010 s’effectua une redistribution de terres à grande échelle à des producteurs agricoles individuels.

« Plus d’un million d’hectares ont été remis en usufruit par le Gouvernement de Cuba à des producteurs agricoles sans terre ou ne disposant que de peu de terres, par le biais de l’application du décret 259 ».

Cette redistribution repose sur un principe simple.

L’État aide à la mise en œuvre des cultures nécessaires au pays : Café, fruits, tabac, miel, etc.

Il achète et vient chercher 90 % des denrées produites par les agriculteurs.

Les 10 % restants pouvant être vendus directement par le petit propriétaire via les marchés locaux ou vendeurs ambulants, ou pour satisfaire sa consommation personnelle.

Un système qui a permis à 80 % de la population globale de l’île de rester vivre sur ses terres, dans les campagnes, et de développer l’agroécologie.

Aujourd’hui une abeille cubaine produit 95 fois plus de miel que l’abeille française…

 

4 - Les biotechnologies

Dès 1994, il existait un centre de biotechnologies très en pointe dans de nombreux domaines.

Cuba s’est imposée comme une puissance mondiale en biotechnologie grâce à des innovations comme l’Heberprot-P et le vaccin CIMAvax-EGF, malgré l’embargo, en misant sur la recherche et l’exportation de produits à haute valeur ajoutée pour dynamiser son économie et réduire sa dépendance aux secteurs traditionnels.

 

5 – La culture de la spiruline

C’est Alberto Juantorena, double médaillé d’or sur 400m et 800 m aux Jeux Olympiques de 1976 à Montréal, qui a rapporté dans son pays la technologie permettant de cultiver la spiruline, déjà consommée par les athlètes Nord-américains à l’époque.

En 1994, il fut confié au ministre des sports de l’époque José LLanusa Gobel, nommé spécialement ministre de l’agriculture, la tâche de gérer sa mise en production effectuée par trois unités.

Si elle est évidemment fournie aux sportifs de haut niveau, elle a servi également à nourrir les poulets et crevettes d’élevages afin de fournir des protéines à la population.

Elle est également vendue dans les pharmacies pour touristes, avec divers produits en lien avec la médecine douce, dont le Nonix, tiré du chérimolier et son fruit l’anone, qui préviendrait plus d’une centaine de maladies (Les médicaments pour cubains sont gratuits et distribués au détail en fonction des ordonnances).

 

6 – Les sports de haut niveau

Le sport national est le baseball, pratiqué dès le plus jeune âge, souvent avec du matériel de fortune.

Cependant les athlètes cubains brillent dans de nombreuses disciplines, notamment au cours des divers Jeux Olympiques organisés depuis 1976.

Le plus fameux d’entre eux est Javier Sotomayor qui a offert ses médailles au peuple cubain en les déposant dans le sanctuaire principal de l’île : La Virgen del Cobre.

 

7 - La protection de l’environnement

Parmi les réussites les moins connues de l’île figure la protection de l’environnement, avec la création de parcs nationaux et réserves, et la préservation d’un littoral en grande partie vierge.

Il en va de même concernant la seconde plus grande barrière de corail au monde située au Sud de l’île, et les forêts en bon état (Sa voisine Haïti est déforestée à 98 % et les Chinois y cultivent du riz…).

En 2023 Cuba comptait 15 Parcs nationaux, soit trois de plus que la France incluant ses territoires d’Outre-mer… et seulement un de moins que l’Espagne, pour un territoire cinq fois plus petit que l’hexagone !

Il abrite également 6 réserves de la biosphère, avec des zones humides préservées.

Le pays a également régénéré une grande part de sa mangrove et lutté efficacement contre les espèces invasives, créant du charbon de bois à partir de celles-ci.

L’instauration des parcs et réserves a été concomitante au développement de l’écotourisme, initié dès 1960 avec l’aménagement de la Laguna del Tesoro, et la construction des habitations sur pilotis de Guama, destiné initialement au tourisme local.

 

8 - Le tourisme et l’écotourisme

Ces réalisations ont été suivies par la création de nombreux campings pour Cubains, fait largement méconnu, ou occulté volontairement par une certaine presse.

La plupart d’entre eux ont été améliorés depuis afin de pouvoir y accueillir des visiteurs étrangers, à l’image du premier d’entre eux : Guama.

En 1994, afin de développer le tourisme, l’interdiction de détention du Dollars américain a été levée, la structure étatique copiée du modèle de l’URSS a été dissoute et remplacée par des organismes spécialisés dans divers domaines.

Cette mission a été confiée à Osmany Cienfuegos, frère du célèbre guerillero Camillo, dont l’avion a disparu en mer le 28 octobre 1959. S’agissait-il d’un accident ?

Les élites du pays ont été formées au tourisme au sein de l’Université dès cette année-là.

Il leur a été confié ensuite la direction des différentes structures naissantes.

Le tourisme balnéaire s’est établi initialement à Varadero, une station existant depuis l’époque de Battista, à la Havane, et à partir de 1988 dans plusieurs îlots (Cayos).

De nombreux hôtels de séjours balnéaires furent construits en lien avec les Espagnols sur des îlots isolés reliés à partir de l’île principale par de longues digues réalisées grâce à des travaux titanesques.

Ce choix a été dicté pour éviter ce qui s’est révélé être très néfaste au Mexique ou à Saint Domingue : La confrontation directe entre le visiteur au pouvoir d’achat élevé, et la population locale vivant aux alentours des zones touristiques envahies par le tourisme de masse.

Ce choix, incompris (Ou volontairement caricaturé), a permis d’éviter le ressentiment des cubains à l’encontre de vacanciers au pouvoir d’achat sans commune mesure avec le leur, puisque de nombreux produits nécessaires à leur vie de tous les jours étaient largement subventionnés ou gratuits.

Et d’éviter au maximum la reprise de la prostitution, éradiquée suite à la Révolution.

Même si une certaine forme de ce phénomène a repris à partir de 1994 (Jineteros – Jineteras).

Il a été combattu avec vigueur, notamment à la fin des années 90 et au début du XXIe siècle.

Dès 1994, Osmany Cienfuegos a obtenu rapidement de véritables succès.

Il était prévu un million de touristes à court terme, objectif atteint rapidement puis largement dépassé.

Dès avril 1994, il est instauré un système de séjours chez l’habitant, qui permet tout à la fois de rénover de nombreuses bâtisses et de faire vivre des familles de plus en plus nombreuses jusqu’en 2019 (4 millions de touristes / an).

Et de faire le plaisir de très nombreux voyageurs que le peuple cubain accueille chaleureusement.

L’écotourisme, organisé par Ecotur en lien avec Gaviota, a permis à la plupart des agences d’aventure françaises de commercialiser des séjours dans tout le pays à partir de 1997-98.

Comme à chaque fois qu’une région entre en crise, elles ont quitté le navire sans compensations envers ce pays sur le dos duquel elles ont réalisé de juteux profits durant une vingtaine d’années.

Dans le Parc national de Las Terrazas, l’écotourisme faisait vivre - avant la crise générée par l’étranglement opéré par Trump - plus de 1 000 personnes formées préalablement aux divers métiers liés à cette forme particulière de tourisme, dont des guides très compétents.

L’État leur ayant construit des maisons tout autour dudit parc national pour ce faire, élevant ainsi leur confort et niveau de vie.

 

9- La rénovation de la vieille Havane et autres centres villes (Trinidad – Caibarien – Remedios – Cienfuegos – Camaguey - Bayamo, etc.)

L’État a confié à un unique architecte au sein de l'Oficina del Historiador de la Ciudad, la rénovation du centre historique de la Havane.

Son nom : Eusebio Leal

Pendant une trentaine d’années, Il a effectué un travail extraordinaire, redonnant vie au Centre historique, rénovant la pharmacie séculaire après un incendie majeur, et formant une armée d’ouvriers et de petites mains au service de cette tâche gigantesque.

Montrer une vieille Havane en ruines, comme le font régulièrement des « Journalistes » au service d’intérêts étrangers, constitue un manque total de reconnaissance et de respect eu égard au formidable travail réalisé par cet homme et ses partenaires.

De nombreuses autres villes ont vu leur cœur être rénové, avec la création ou l’aménagement du Boulevard, artère principale du centre de chacune de celles-ci.

Ils sont généralement agrémentés d’un mobilier urbain riche et varié que personne n’envisagerait de dégrader…

 

10- La débrouille dans les transports

Pour faire face au blocus et au manque récurrent de pétrole, l’État a inventé et organisé diverses solutions alternatives, ce, depuis l’arrêt des échanges commerciaux avec l’URSS en 1991.

  • Organisation du transport urbain, voire entre différents villages, à cheval avec d’innombrables calèches, profitant ainsi à un grand nombre de micro-entrepreneurs : les cochers. Ceux-ci gagnant très bien leur vie.

Créant ainsi un service accessible à tous les citoyens.

  • Attribution du droit d’effectuer des livraisons de marchandises soit avec des calèches, des triporteurs d’époque, des pick-up ou camionnettes d’un autre âge, voire des bici-taxis construits par l’État et distribués à leurs utilisateurs.
  • Ce droit étant acquis après le paiement d’une patente mensuelle accessible à la plupart des personnes disposant du moyen de transport.
  • Création des bici-taxis et Coco-taxis (Fabriqués sur la base de la célèbre Vespa) afin de transporter les touristes dans les villes et stations balnéaires.
  • Construction des Camellos, des cabines de bus dont le toit a la forme d’un dos de dromadaire pouvant emporter jusqu’à 150 passagers tirés par une simple cabine de poids lourd.
  • Instauration des services de navettes avec des bus vidés de leurs sièges pour pouvoir y faire entrer des vélos, et ainsi économiser du pétrole en les substituant aux bateaux traversant la baie à la Havane.
  • D’autres inventions de ce type existent encore, comme la tondeuse à gazon manuelle tirée par une vache, les vélos équipés de moteurs de tondeuses à gazon, ou les célèbres voitures américaines équipées de moteurs de Fiat ou de Lada…, etc.
  • Notons encore l’arrivée massive de scooters électriques importés de chine, ces dernières années.

 

11 – Internet et la téléphonie

Encore obsolètes au début des années 2000, ces services ont été développés rapidement, et rendus accessibles à la population avec la distribution de téléphones mobiles dans les foyers, l’installation d’émetteurs sur les places principales de toutes les villes, et le déploiement d’Internet dans les universités, écoles, et entreprises du pays.

Etecsa, est l’opérateur cubain qui a développé ces services, là où dans le monde entier et parmi ses voisins, on trouve des groupes internationaux comme Orange ; Vodafone ou SFR.

 

12- Les petits commerces

Après la libéralisation de la détention du Dollars, et la création des maisons d’hôtes, à l’automne 1994 sont apparus un très grand nombre de petits commerces.

Depuis, il suffit de disposer d’une fenêtre ou d’une porte donnant sur une rue, et de s’acquitter d’une patente pour pouvoir vendre en monnaie locale des denrées ou articles très variés :

Café, sandwichs, plats cuisinés, pâtisseries, fruits et légumes, fleurs, articles religieux, vêtements, objets en fer blanc, etc.

Il devint également possible d’ouvrir un salon de coiffure, ou manucure, devenir barbier, cordonnier, ou réparateur de briquets, et plus tard de téléphones mobiles, etc.

Ce système a permis à un très grand nombre de Cubains d’avoir des revenus corrects, voire bons, tout en offrant à d’autres des services très utiles.

Contrairement à ce que l’on pouvait souvent lire ou entendre, ce système n’était pas réservé aux cubains.

Tout visiteur pouvait en profiter à condition de se munir de pesos cubains, dans les CADECA (Casas de Cambio), créées dès l’ouverture au tourisme international.

Les propriétaires de tels établissements devaient s’acquiter de patentes en devises.

Seules les casas particulares et paladars (Restaurants chez l’habitant) se réglent en devises, sauf pour les Cubains eux-mêmes.

Certaines casas particulares ou des paladars leur étant réservés.

Grâce à ce système, les ressources de l’État pouvaient continuer de garantir la gratuité de l’éducation et des soins, ainsi que la fourniture de nombreux produits ou services subventionnés : Électricité, téléphone, bus locaux, etc.

 

13 - La Libreta

La libreta est un système qui permet à chaque famille de disposer d’un minimum :

De lait pour les enfants, de viande, d’huile, de sucre, etc.

La plupart des pseudo-journalistes, présentant ce formidable dispositif permettant de ne laisser personne dans un réel besoin, le mentionnent depuis toujours sous la terminologie totalement erronée de « Tickets de rationnement ».

Comme toujours, il s’agit de dévaloriser tout ce qui peut apparaître comme issu d’un système non basé sur le capitalisme et la production de denrées générant des profits.

Lors d’une naissance, l’État fournissait par ailleurs une grande partie des articles nécessaires : Landeaux, poussettes, biberons, etc.

Les guides touristiques n’ayant jamais expliqué correctement le fonctionnement de ce service public inédit dans leurs pages, les visiteurs passant devant les « épiceries » dispensant ces denrées contre un bon mensuel contenu dans cette fameuse libreta, en concluaient que les magasins étaient vides et ne disposaient que de quelques denrées peu variées : Celles que l’État offrait à sa population afin que personne ne soit dans le besoin et ne tombe dans la misère…

Voici comment les opposants au système cubain ont réussi à transformer une véritable réussite en caricature liée aux manques et pénuries, générés pareux-mêmes avec le blocus qui étrangle le pays depuis plus de 60 ans !

 

14 -La création du CUC, monnaie convertible basée sur la valeur du Dollars Nord-américain

En 1994 est apparue une monnaie convertible permettant de développer les échanges internationaux en se passant du Dollars.

Sa valeur était basée sur celle dudit Dollars Nord-américain, qui, par ailleurs était taxé de 10 % supplémentaires en cas d’échanges commerciaux effectués par son intermédiaire.

Voici comment un pays sous embargo depuis 40 ans à l’époque, auquel les banques ne prêtaient qu’à des taux exorbitants, ou ne prêtaient pas pour s’éviter les foudres et sanctions Nord-américaines, a pu créer une monnaie d’une telle valeur, quand l’Equateur supprima la sienne (En janvier 2000) pour adopter le Dollars, avec les résultats économiques qu’on lui connaît… (PIB : 67 ème pays – Cuba 59 ème).

Soit un PIB inférieur à celui d’un pays sous embargo depuis plus de 60 ans…

Le CUC a cessé d’être émis le 1er janvier 2021, suite à la crise liée au Covid et au renforcement du blocus opéré par les États-Unis (Même sous Biden !).

Alors qu’en 2020, le pays avait accueilli un paquebot britannique transportant des personnes contaminées, et envoyé des médecins cubains en Italie, pays alors submergé par l’épidémie, aux Antilles françaises, et dans de nombreux pays

Il est effarant de constater qu’aujourd’hui, l’île est étranglée après avoir déployé tant de générosité envers les malades, blessés, irradiés, ou aveugles, de nombreux pays.

Le silence assourdissant des Italiens, Français, et Britaniques, aujourd’hui est plus qu’indécent !

Il devient criminel.

 

15 - La sécurité

3 – Mettre la main sur les richesses du pays, notamment les 2 000 kilomètres de côtes sauvages et préservées

 

Voici la troisième raison pour laquelle Trump étrangle Cuba, et connaissant le personnage, certainement la principale :

Il s’agit de faire main basse sur le formidable potentiel touristique du pays.

Celui -ci a été largement développé et mis en exergue de 1994 à 2020.

En 2014, suite à la visite d’Obama, et sa célèbre poignée de main avec Raoul Castro, devenu président, ce dernier a modifié une loi essentielle, afin d’obtenir la levée de l’embargo :

Il devenait possible d’acheter des maisons particulières, quand jusque-là elles s’échangeaient, avec parfois des compensations financières eu égard aux dimensions, nombres de pièces, etc.

Il était également courant d’échanger une grande maison contre deux appartements ou l’inverse.

Avant cette loi, les habitations n’avaient pas de valeur marchande.

Elles en ont une dorénavant, ce qui a fait grimper en flèche le coût du logement à Cuba, sans que l’embargo soit levé…, bien au contraire !

Avec de nombreux effets négatifs : Des personnes modestes disposant de magnifiques maisons en centre-ville ou bord de mer, se faisant proposer des offres d’achat mirobolantes…

Des propriétaires de casas particulares, devenus très riches grâce à l’exploitation touristique de leur maison principale, en achetèrent d’autres, etc.

En 2026, une nouvelle loi concernant ce sujet vient d’être promulguée.

Nul doute qu’elle apportera son lot d’effets pervers bien prévisibles, notamment et surtout dans le domaine du tourisme international.

Notamment l’appropriation des habitations les mieux situées par des personnes ou entreprises au pouvoir d’achat élevé, voire par des étrangers, venus profiter de la manne potentielle dans ce domaine.

 

4 – instaurer un tourisme balnéaire de masse au bénéfice de sociétés étasuniennes, et d’actionnaires Nord-américains

Contrairement au tourisme instauré par les Cubains avec les casas particulares, les paladars, et l’écotourisme, ayant permis à de nombreuses familles d’élever leur niveau de vie, et de profiter directement des revenus de ce secteur d’activités via une microéconomie bénéficiant aux populations locales, il semble évident que ce qui se profile c’est l’industrialisation à outrance, bénéficiant aux multinationales, de type Airbnb, Booking, et les chaînes hôtelières, agences de voyages, ou croisiéristes.

Soit ce que l’on connait un peu partout sur la planète avec ses conséquences notoires que sont le surtourisme, les plages envahies, les perturbations sociales, l’exploitation des employés et saisonniers, les dégradations en tout genre avec la surproduction de déchets, et, à terme le manque d’eau dans un pays qui dispose de peu de réserves.

Alors il s’agira de désaliniser l’eau de mer…

Vous en rêvez ?

Or, si Cuba a obtenu tant de succès dans le domaine du tourisme, c’est justement parce que l’île proposait une AUTRE manière de voyager que ce qui existe ailleurs !

Un tourisme humain, gai, joyeux, culturel, et redistributeur !

 

5 – Permettre à des sociétés de pêche étasuniennes d’accaparer une part des réserves halieutiques de l’île

En parallèle à ce qui vient d’être dit à propos du tourisme, il ne faut pas oublier que Cuba n’a pas surexploité ses mers, ne disposant pas de chalutiers géants.

La pêche est largement restée artisanale.

Par conséquent, les écosystèmes sont préservés, et les réserves halieutiques importantes…

De quoi en faire saliver certains, non ?

 

5 Pouvoir se glorifier d’être celui qui a mis fin à la Révolution cubaine, comme il l’a fait pour le Vénézuéla

Enfin, cerise sur le gâteau, à défaut de pouvoir obtenir le prix Nobel de la paix en dépit des ravages qu’il a occasionnés partout où il a mis les pieds, avec – faut-il le rappeler ? – l’assassinat de 32 cubains lors de la capture de Maduro, Trump satisferait évidemment son égo surdimensionné et malsain s’il devenait celui qui a mis fin à 67 ans d’une Révolution qui a apporté la LIBERTÉ et l’indépendance à cette petite île au destin unique.

Ce, au prix fort, avec plus de 3 000 personnes tuées depuis 1959, l'introduction de produits toxiques dans les plantations de café, élevages de porcs, et de la dengue, etc.

 

Conclusion

Alors, pour éviter ce désastre qui s’annonce, j’ai pris ma plume, et envisage de mettre sur pied un voyage solidaire en automne ou début d’hiver.

Par ailleurs, plusieurs ouvrages de photos, montrant ce qu’a été l’île de 1988 à aujourd’hui vont être publiés prochainement, en Français et en Espagnol.

Car les photographies, dont certaines ont été prises à l’heure de l’argentique, elles ne trompent pas…

Ils montreront ce que fut Cuba, loin des clichés, poncifs, mensonges, et sarcasmes envers un pays qui a su résister et VIVRE, en dépit d’un embargo inique porté par les États-Unis et leur allié Israël.

Deux pays votant, envers et contre tout et tous, depuis des dizaines d’années, pour la poursuite de celui-ci, alors que Cuba n’a attaqué personne, aidé et soigné des millions de personnes dans le monde entier !

Alors faisons nôtre la devise du Che : Hasta la victoria siempre.

NB : Tout commentaire de personnes mues par des préjugés idéologiques, ou politiques, sera supprimé.

Ce texte est juste un témoignage factuel de près de 40 années vécues avec mes amis Cubains, au plus près des familles qui m’ont accueilli, et que je porte dans mon cœur à tout jamais.

Ils m’ont donné ce que la VIE a de plus beau.

Cet article est en cours de finalisation (Illustrations et paragraphe sécurité) 

Merci de votre compréhension 

Auteur : 
Jean-Pierre LAMIC

Ajouter un commentaire